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 L'Ombre Blanche

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Lydween
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MessageSujet: L'Ombre Blanche   Mar 14 Fév - 22:00

m'engueulez pas! c'est eux qui m'ont demandé de la poster!! j'en profiterai pour mettre les illustrations avec et ne pas oublier le chapitre 8...^o^
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Aura
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MessageSujet: Re: L'Ombre Blanche   Mar 14 Fév - 22:12

Cool!On attent tous le chap 8!^^ lol
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Auremo
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MessageSujet: Re: L'Ombre Blanche   Mar 14 Fév - 22:14

Ainsi que des illustrations ^^ !

_________________
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Lydween
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MessageSujet: Re: L'Ombre Blanche   Mar 14 Fév - 23:46

~L'Ombre Blanche~

Je suis un démon. Je crois que c'est la seule et unique définition. L'ange en moi qui existe dans tout le monde à l'origine a, à jamais, péri. Je suis le noir total. Le mal incarné. Le mal… non, personne ne peut vraiment connaître le mal absolu dans le commun des mortels. La preuve : je suis déjà mort.
Je suis un démon assoiffé de sang et de ténèbres. J'aime la souffrance et la solitude. Mais qu'est-ce que la souffrance? Est-ce vraiment de la souffrance que de s'entailler et se faire saigner, quand on aime s'entailler et se faire saigner?
La lumière du bonheur pur et innocent n'est plus rien pour moi. On m'a appelé démon pour me blesser, désormais, je suis un véritable démon, pour tuer, avec rage, et une joie sans bornes, une véritable démence d'empare de mon âme de ténèbres quand je tue. C'est de leur faute, alors voilà une punition bien appropriée.
J'aime la mort et la peur. J'aime leur imposer cela car ce sont là des choses que je ne crains pas. Je n'ai pas peur de mourir. Si ce qu'ils disent est vrai, j'irai droit en enfer au moment de la mort. Mais je n'en ai pas peur, car je suis déjà au fond de l'abysse, et d'ailleurs, j'aime ça. Une joie pâle et fébrile, mais de la joie quand même.
Ils disent que Satan est le maître des enfers. Un ange déchu, exactement comme moi. Je l'admire, oui, je suis en adoration car Satan est pour moi l'opposé de Dieu. Ils adorent Dieu, ils me haïssent, ils craignent Satan, ils me craignent.
C'est pourquoi je n'ai plus peur de la mort : Je n'ai pas peur, car j'aime la peur et son voile presque innocent, qui fait du mal sans faire de mal. C'était la première chose que j'aimais leur montrer. Les mensonges sont des murs dans la réalité, et quand ils se brisent, ça fait mal. C'est la seule souffrance que je n'aime pas.
Je jouis de l'impureté de mes actes. Je nage librement dans cette mer qu'on a voulu m'interdire, et je me moque d'eux dans toute ma force, supérieur, différent, criant, dans cet océan de ravages et de péchés qui crie ma fureur à ma place, en une seule phrase, une seule attitude.
Car mes actes sont vils, cruels, sans pitié, mais au contraire, étrangement purs, intérieurement. Eux tissent leurs actes de mensonges, dissimulation, corruption, manipulation.
Moi, je suis assassin, voleur, sorcier et j'ai commis le péché de la luxure, si c'est comme ça qu'ils l'appellent.
Je tue toujours. J'aime sentir le sang couler sous les doigts, le long de mon visage délecté, sur mes paupières repues, mon corps souffrant de la faim, en imbiber ma longue chevelure.
Cette vie, c'est ma seule joie qui aurait pu être toutes mes souffrances.
Alors qu'est-ce que la souffrance, en fin de compte? Tentons d'y réfléchir…














Chapitre 1 :

Comme à son habitude, le jeune garçon se promenait seul dans le cimetière silencieux. Il ne pensait à rien en particulier, toisant le vide de ses grands yeux rouges, qui étaient soulignés de profondes cicatrices noires en forme de croix.
La lumière du jour commençait à faiblir, et il allait bientôt devoir rentrer chez lui.
L’air était froid et sentait la neige, mais il ne semblait pas le ressentir. Le crépuscule coloriait le bas du ciel d’un bel orange hivernal, mais il ne le regardait pas. Il aimait bien se sentir seul, plus longtemps, et plus souvent que la plupart des gens. C'était une barrière glaciale qui séparait son cœur de celui des autres et leur créait une étrange peur quand son regard croisait le leur.
Cependant, il lui restait un peu de chaleur au cœur, quand il était chez lui avec sa mère adoptive qui lui lisait des histoires devant le feu. Elle les racontait très bien, comme si elle les avait vécues. Des choses qui lui rappelaient comme de lointains souvenirs.
Bien, se dit-il, il est peut-être l’heure de rentrer.
Il tourna les talons et quitta le cimetière pour se rendre au village, alors qu’un vent léger faisait flotter sa chevelure d’un blanc légèrement violacé. Son air méprisant et son visage anormalement pâle le rendaient inquiétant et inaccessible. Il toisait les autres de haut sans jamais dire quoi que ce soit, si grandes puissent être ces personnes.
Encore un jour d'achevé, pour aller où? Pourquoi vivre? Ici il n'y avait rien, ni guerre, ni pluie de sang, ni un seul signe d'elle. Peu lui importait, de toute façon.
Il passa devant les petites maisons aux fenêtres éclairées, non sans attirer l’attention inquiète de quelques enfants plus jeunes qui jouaient encore sur l’herbe aux reflets dorés de devant chez eux.
Il les ignora et ouvrit la porte de sa maison. Il trouva celle qu’il considérait comme sa mère assise devant le feu, sur une chaise en bois.
Elle arborait une longue chevelure blanche et lisse qui lui arrivait à la taille, et des yeux rouge vif, tout comme les siens, à la seule différence qu'ils brillaient de gentillesse à l'égard de ses amis et glaçait de sévérité ceux qui menaçaient la paix de son pays. Elle était belle, mince et son visage toujours bienveillant, quoique solitaire. Ses bras pleins de grâce cachaient une force guerrière sauvage, dont elle n'avait fait l'usage depuis plusieurs années. C'était d'ailleurs à cette époque-ci qu'elle se considérait comme une jeune fille, mais n'était pas encore une femme de son point de vue.
Quand elle l’entendit arriver, elle sourit et se leva.
- Ah, te voilà. Tu rentres encore tard, Vaati… Tu flânais encore dans le cimetière?
- Oui.
Elle soupira.
- Tu m’inquiètes, parfois. Je peux comprendre que tu aimes la solitude, car c'est mon cas aussi. Mais toi tu es toujours, toujours tout seul. Tu n’aimes donc la compagnie de personne ?
- J’aime bien être avec toi.
- Tu es gentil.
Elle s’approcha de lui, lui prit son manteau et l’accrocha au mur.
- Tu peux aller t’asseoir, dit-elle sur un ton de mère attentionnée, qui ne lui convenait pas vraiment.
Le jeune garçon partit s’installer à table. Après que sa mère l’eut rejoint et servi, il commença à manger silencieusement, par toutes petites cuillères, sans rien regarder vraiment. On n’aurait su dire s’il goûtait quelque chose ou non.
- Tu n’as rien à raconter ?
- Non…
Elle le regarda soucieusement et lui dit ensuite :
- Vaati, demain je pars rendre visite à des amis. Tu viendras avec moi ?
- Je veux bien, répondit-il sans lever les yeux.
- Ils ont une fille de ton âge. Vous pourrez jouer ensemble, je suis sûre que vous vous entendrez bien.
- Peut-être.
- Elle s’appelle Priscilla. Elle est adorable.
Il ne répondit pas.
Mon dieu, pensa-t-elle, tu n’as même pas l’air d’entendre ce que je dis…
- Si, je t’ai entendu.
Elle le regarda. Peut-être avait elle parlé à voix haute, après tout.
Elle l’aimait beaucoup, même s’il était sombre. Elle se voyait en lui quand elle avait son âge. Et la fille de son meilleur ami, toute rayonnante comme elle était, lui redonnerait sûrement la joie de vivre dont il semblait privé.
Finalement, elle débarrassa la table et monta à l’étage, où elle raviva le feu de la cheminée.
- Voudrais-tu que je te raconte une histoire ?
- Oui, s’il te plaît.
- Laquelle?
- Celle de la guerrière de l’ombre et son épée des ténèbres…
- Encore? Mais… tu sais bien que je n’aime pas trop…
- Oui, mais j’aime bien celle là. S'il te plaît.
Elle n'avait plus le choix désormais.
- Oh, et bien… si tu veux. Alors… Il était une fois, une jeune fille qui appartenait à une tribu disparue. Elle était sombre et taciturne, et avait pour seule amie une épée fine et noire qui tranchait tout comme s’il ne s’agissait de rien.
- Cette épée devait être puissante.
- Vaati, je … je continue. Cette lame était dangereuse et complètement instable. Elle avait été forgée dans la haine et utilisée dans la vengeance, et elle était habitée par un désir de guerre et de sang. Et si elle était venue à tomber entre les mains d’une personne à l’esprit déséquilibré, les conséquences en seraient atroces.
- Comme quoi?
- Des choses horribles… comme des morts et des souffrances injustifiées, sur des gens innocents qui n’avaient rien fait pour.
- Ils devaient être faibles.
Elle eut un léger sursaut.
- Vaati! Je t’ai déjà dit de ne pas utiliser ce terme!
- Mais c’est vrai. Si quelqu’un avait pour but de me faire du mal, je me débarrasserais de lui avant qu’il n’ait pu poser un doigt sur moi.
-Vaati… tu es encore trop jeune pour comprendre. La guerre n’est pas un jeu. Ce n’est rien de plus qu’une chose abominable née de la haine.
- Mais la paix est revenue.
- Et il est du devoir de chacun de la préserver.
- Si c’est toi qui me le demandes, je veux bien.
- Merci, Vaati.
Elle se demandait souvent comme un garçon aussi jeune pouvait parler d'une manière si adulte.

Il tomba endormi avant même qu’elle ne termine son histoire. Il ne restait jamais assez éveillé pour entendre la fin de l'histoire, où cette jeune fille rencontrait un jeune homme qui lui enseignait sans le savoir les beautés de la vie, l'extirpant ainsi des ténèbres où elle vivait…
Elle le regarda avec attendrissement, le prit sans efforts dans ses bras et le mit au lit.
Avant de souffler la bougie, elle lui déposa un baiser sur le front et le borda. Elle se rendit à la fenêtre. Du ciel d'hiver nocturne tombaient des flocons blancs qui recouvraient peu à peu les toits rouges du village Cocorico. Les fenêtres dégageaient de chaudes lumières familiales, tandis que les ailes du moulin restaient noires et immobiles dans l’étendue bleue toute étoilée. Une petite allée menait au cimetière, invisible depuis sa fenêtre. Elle s’accouda à l’appui de bois en y repensant. Oui, elle avait bien fait de cacher sa lame fine et noire au fin fond de la tombe royale…Cette tombe était si profonde qu’il était plus que probable que l’aura de lumière, qui avait transformé le pays d'Hyrule en paradis terrestre plusieurs années auparavant, ne l’eût pas atteinte. Elle frissonna en pensant qu’il pourrait encore rester des morts-vivants dans le noir. Mais elle se calma en se disant que non seulement personne ne savait ce qui s’y cachait, mais en plus on avait besoin d’une mélodie et d’un ocarina spécial pour pouvoir y accéder.
Elle sourit en pensant au lendemain. Il y aurait de la neige, et Vaati pourrait s’amuser avec Priscilla. Quant à elle, elle était toujours heureuse de revoir son ami Link et la femme de ce dernier, Zelda, le roi et la reine du pays d'Hyrule.
A eux deux, ils gardaient sous leur protection deux fragments de la légendaire Triforce, l'artefact divin qui entre leurs mains faisait régner paix, lumière et amour sur cette splendide contrée.
Le dernier fragment, c'était elle qui le gardait. Le fragment symbolisant le pouvoir de la déesse Din, reine du feu et mère de la terre. Elle l'avait arrachée au seigneur sombre qui avait auparavant tenté de dominer ce monde en la dérobant. Mais tout était fini, désormais, terminé. Elle avait enfin achevé la tâche que les déesses lui avaient confiée et menait une vie calme et heureuse.
Fermant les yeux paisiblement, elle appréciait la douce fraîcheur du vent de la plaine qui caressait son visage pâle. Le souffle murmurant dans l’obscurité faisait léviter ses cheveux avec une grâce aquatique. Elle fut arrachée d’un coup à sa rêverie par une toute petite voix aiguë.
- Shayalen! Comment vas-tu?
Elle sourit en apercevant deux petites boules de lumière, voleter à la manière de papillons dans la direction de sa fenêtre.
- Navi? Dora! Que faites-vous ici à une heure pareille?
- On veut aller à la fête demain avec toi! s’écria Dora, la petite fée dorée, avec un enthousiasme propre à sa personne.
- En fait, continua Navi, la fée bleu argent, elle meurt d’envie de draguer Link, mais elle a peur d’y aller toute seule.
- J’espère qu’il mettra son bonnet de Kokiri! s’exclama Dora en trépignant à mi-hauteur.
- On dirait que tu n’as pas perdu cette habitude, soupira Shayalen. Cela fait des années qu’il ne s’habille plus ainsi.
- C’est vrai! continua la petite voix fluette de Navi. Le roi d’Hyrule doit se comporter comme tel!
- Moi je le trouve très classe habillé comme ça! Sa tunique verte met ses yeux en valeur.
- Je te ferai remarquer qu’il a les yeux bleus.
- C’est pas grave!
- Mais parlez moins fort! s’écria Shayalen. C’est incroyable tout le raffut que peuvent faire deux petites fées de rien du tout!
- Mais! Tu es toujours aussi méchante, se lamenta Dora.
Navi voleta à l’intérieur, en direction de l’enfant qui dormait. Elle s’approcha du visage qui luisait dans une pâleur spectrale.
- Oh, je ne savais pas que tu avais un petit garçon, Shayalen.
- Ah…
Elle s’approcha de l’enfant endormi.
- Ce n’est pas le mien. Je l’ai adopté.
- Vraiment? Il te ressemble, pourtant. Il a de longs cheveux blancs comme toi.
- Qu'est ce qu'il est chou! s'exclama Dora de sa voix suraiguë.
- Il a lui aussi les yeux rouges, continua la sheikah. Pourtant…
- Pourtant?
- Ce n'est pas un sheikah. Je peux ressentir que son aura est différente de celle des membres de ma tribu. Je n'ai jamais senti une aura aussi étrange… on croirait une étrange lumière voilée par une brume obscure et souillée par… par…
Les deux petites fées la regardèrent anxieusement.
- Non, rien.
- Mais… ce visage… j'ai l'impression de…
- Dora?
- Oh non, rien. Je me demandais ce que c'étaient que ces étranges croix qu'il a sous les yeux.
- Je lui ai souvent demandé d'où il venait… mais je n'ai jamais eu de réponse claire. Il assurait qu'il n'en avait aucun souvenir. Seulement des choses insensées comme un soleil vert et de grandes fleurs.
Navi s'approcha en tremblotant du visage de Vaati.
- Il… me fait un peu… peur.
- Mais que faire? soupira Shayalen. Je pensais le présenter à Priscilla demain, à la fête.
- C'est une très bonne idée, assura Dora. Navi et moi pourrons veiller sur eux.
- Je croyais que tu voulais voir Link?
- C'est toi qui dis ça tout le temps!
- C'est bon, c'est bon, termina la sheikah. Je vous remercie.
Elle bâilla ouvertement en étirant les bras, puis se dirigea vers son lit empreint de chaleur.
Avant de se coucher, elle serra dans sa main le médaillon de métal rouge brillant orné de ce symbole : un oeil surmonté de trois triangles et souligné d'un trait.
C'était l'œil de la tribu sheikah. Elle ne savait pas pourquoi, tout d'un coup, elle voulait le protéger. C'était un souvenir de ses parents, après tout, morts il y avait bien longtemps de cela dans des circonstances atroces.
Elle se coucha sous les couvertures tièdes, puis les deux petites lumières vinrent se poser de part et d'autre de son oreiller. Puis elles trois se laissèrent guider vers le sommeil.
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Aura
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MessageSujet: Re: L'Ombre Blanche   Mar 14 Fév - 23:49

Super l'illustration!Tu dessine super bien!^^
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Lydween
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MessageSujet: Re: L'Ombre Blanche   Mar 14 Fév - 23:56

merci angel... :angel2:
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Lydween
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MessageSujet: Re: L'Ombre Blanche   Lun 27 Fév - 15:02

Chapitre 2 :

- As-tu bien dormi, Vaati?
Shayalen était en train de préparer le petit déjeuner, les deux fées de la forêt à côté d'elle. Elle avait revêtu pour l'occasion une robe de soie bleu clair sans ceinture, avec un décolleté orné de plumes blanches. Son fils descendit des escaliers, avec une certaine grâce, toujours glacial.
- Oui… après tout, on est toujours mieux endormi qu'éveillé.
Cette remarque mit un certain temps à glacer les petites fées sur place. Puis Shayalen tenta de décontracter l'atmosphère.
- Regarde comme la neige est belle, Vaati, dit-elle en désignant la fenêtre. Encore plus que l’an dernier.
-Il a du faire froid.
La neige recouvrait totalement l’herbe du village, d’une couverture douce et blanche, qui brillait dans le soleil matinal sous la forme de reflets d’argent. L’hiver était vraiment une belle saison, à Hyrule. Les cris de joie des enfants jouant dans la neige réchauffaient l’air froid pendant une bonne partie de la journée, tandis que les parents les observaient tranquillement, assis à une terrasse enneigée dans la ville.

Après avoir quitté la maison, ils longèrent le fleuve Zora, qui était presque entièrement gelé, emprisonnant quelques plantes aquatiques qui s'étaient plongées dans leur sommeil hivernal durant les temps froids.
Ils traversèrent le bourg d'Hyrule, déjà en animation : des hyliens de tous âges commençaient déjà à décorer la place en l'honneur de la fête annuelle qui allait avoir lieu le soir même. Puis ils regagnèrent l’allée qui menait au château, la demeure des souverains Link et Zelda. Une superbe demeure dont les murs de blanc et d'or luisaient sous la neige pure, lui donnant un l'air de sortir d'un conte de fées. Les trois membres de la famille royale, décidément, ne passaient pas beaucoup de temps assis sur le trône royal, bien que la sagesse de la reine et leur amour réciproque pour le peuple mettait une fin à tous les conflits.
Ils finirent justement par les trouver dans le jardin intérieur où ils s’étaient mariés quelques années auparavant, semblant vivre le bonheur parfait en compagnie de leur fille, Priscilla, qui fut la première à les apercevoir. Elle tourna vers eux son visage joyeux et rieur, ses yeux bleus brillants de bonne humeur. Elle avait les cheveux dorés et les yeux bleu foncé de ses parents, et portait une épaisse robe d’hiver d'une belle teinte rose. Son sourire rayonnant réchauffait les airs les plus froids.
- Les voilà!
Elle partit les rejoindre en sautillant dans la neige épaisse, tel un petit oiseau.
- Priscilla! Comment vas-tu? dit Shayalen qui la serrait dans ses bras.
- Je vais bien, je suis contente de te voir, Shayalen! Et là, c'est Dora et Navi! rajouta-t-elle en pointant le doigt vers les deux fées.
- Shayalen! ajouta Link. On est toujours heureux de ta visite!
-Enchantée de vous voir, dit Zelda. Et toi, jeune homme, serais-tu Vaati? ajouta-t-elle en se baissant à sa hauteur.
- En effet. Je suis heureux de faire votre connaissance, dit-il fadement sans quitter le sol des yeux.
- Shayalen nous a parlé de toi! dit joyeusement Priscilla. Si on montait se préparer pour aller jouer dans la neige? Elle est si belle cette année!
- Je veux bien.
- Allez, suis moi!
Les deux enfants se hâtèrent de rentrer dans les couloirs, Navi et Dora sur leurs talons.
- Vous aurez remarqué comme il est réservé, dit Shayalen. Je pensais…que Priscilla pourrait s’en faire un ami.
- Je n’osais pas le dire, répondit Link. Mais je suis sûr qu’au fond c’est quelqu’un de bien.
- Je crois nous pouvons nous dispenser de soucis s’il est avec notre fille, ajouta Zelda. Ne t’inquiète pas, Shayalen, nous avons toujours été heureux que tu soies heureuse. Et donc c'est aussi le cas de ton fils.
- Merci… mais vous savez qu’il m’inquiète, parfois… Il utilise des termes qu’aurait utilisé… vous voyez de qui je parle…

* * *

- Viens voir ! J’ai plein d’objets magiques dans ma chambre !
- D’accord.
Priscilla l'avait amené dans sa chambre en courant à travers les couloirs, ce qu'elle trouvait assez embêtant, toujours à courir pour devoir de déplacer. En plus, elle n'aimait pas du tout passer dans une allée aux murs recouverts de portraits, et détestait particulièrement celui qui représentait une femme blonde aux yeux de jade, à l'air hautain et froid.
Alors qu’elle se dirigeait vers sa table de chevet, Vaati observa la décoration avec un certain intérêt. Si la moitié était constituée de dessins, peluches et poupées, l’autre était celle d’une passionnée de magie. Il y avait des parchemins sur lesquels étaient inscrits des runes, des livres anciens, et de mystérieux objets soigneusement rangés et disposés sur des étagères.
- Alors c'est ça une chambre de princesse…
- C'est bizarre qu'une petite fille comme toi s'intéresse à des choses si compliquées, dit Navi qui se déplaçait doucement devant les objets.
Priscilla était trop occupée avec Vaati pour l'entendre.
- Tu as l’air d’aimer la magie, Vaati!
- Ca m’intéresse beaucoup.
- Moi j’adore la magie blanche qui fait plein d’étoiles! C’est très très beau!
- Je préfère les arts obscurs…
- Euh… c’est vrai ? Mais je crois que certains sorts sont interdits, non ?
- Sans doute. C'est excitant.
Elle ne répondit pas tout de suite. Le jeune garçon était absorbé dans la contemplation d'une vitrine qui exposait trois diadèmes d'une beauté rare.
- Il en manque… cinq…?
- Oh, tu as vu ces diadèmes! Ces cercles magiques augmentent considérablement le pouvoir de leur porteur. Et… ils permettent de communiquer par la pensée! Voudrais-tu en essayer un?
Vaati ne répondit pas tout de suite. Il regardait les cercles étincelants avec une expression qu'on n'aurait su décrire. Priscilla ne le remarqua même pas et ouvrit la porte vitrée avant de s'emparer du bijou serti d'un rubis en son centre.
- Tu prendras le rouge, et moi le bleu. Comme ça il aura la même couleur que nos yeux!
Vaati sembla pris d'un frisson. La monture d'or pur était toute en courbes harmonieuses, et la pierre étincelait avec un éclat encore plus prenant que d'habitude.
Elle le posa avec un grand sourire autour de la tête de Vaati, lui ramenant les cheveux devant l'œil droit. La pierre étincela de plus belle. On aurait dit qu'elle avait attendu des siècles avant de pouvoir dégager son pouvoir.
- Incroyable! Tu as l'air d'avoir des pouvoirs magiques énormes. A moi, maintenant.
Elle déposa le diadème au saphir sur son front, alors que la lumière se faisait presque aussi aveuglante que celle de Vaati. Navi et Dora observaient la scène avec intérêt.
- Dites, dit Navi. Vous savez que les fées ont elles aussi un potentiel magique étonnant?
Priscilla lui lança un regard aussi froid et condescendant que lui permettait son apparence adorable, puis partit d'un petit éclat de rire.
- Mais bien sûr que je sais ça!
La petite fille se dirigea vers le tiroir de sa table de chevet avant d'en sortir un ocarina bleuté, serti d'une bague en or.
- Regarde, Vaati. C'est un trésor très précieux!
- Un ocarina.
- Oui! C'est le trésor secret de la famille royale! Mais je veux bien te le montrer à toi.
- … Et quels sont ses pouvoirs ?
- Plein de choses! Avec on peut ouvrir des portes fermées par le pouvoir des Hyliens. Papa m'a même dit qu'on pouvait faire venir le soleil ou la pluie, et parler aux esprits de la forêt. Je vais le prendre avec moi comme ça je pourrai te jouer des mélodies!
- Et si on descendait? proposa Navi. Les parents vont bientôt partir!
- Très bien! Allons-y!
La petite fille courut en direction de la porte, et se retourna juste avant de franchir le seuil.
- Vaati? Dora? Qu'est ce que vous faites?
- Rien! J'arrive! dit la petite fée.
Elle voleta pour rejoindre la jeune princesse, et Vaati les rejoignit juste après.

* * *


Le soir venu, le groupe, accompagné d'Impa, l'ancienne nourrice de Zelda et aussi la tante de Shayalen, descendit à la cité, où la ville entière avait été décorée pour célébrer l'arrivée de l'hiver. La nuit avait déjà commencé à tomber en fin d'après-midi, et la place du marché avait été débarrassée de ses étalages habituels pour permettre aux habitants d'y danser toute la nuit. Les terrasses étaient décorées par des guirlandes en épines de pin, des rubans rouge et or, et la neige avait commencé à tomber sur tous les sapins sombres disposés autour de la place. On avait pris le soin de les orner de lucioles dorées et de diverses guirlandes multicolores.
- Comme c'est beau! s'enthousiasma Priscilla. Aujourd'hui on ne m'obligera pas à aller me coucher tôt!
- Allons allons, dit Link en s'approchant de sa terrasse de café préférée. Alors les amis, vous buvez quoi?
- Tisane aux fruits des bois ! s'écria Shayalen avant de filer sur la place de danse, en faisant planer sa robe bleu pâle et sa longue chevelure avec.
- Chocolat chaud ! rajouta Priscilla avant de rejoindre son amie sheikah.
- Un thé au citron pour moi, dit la grande Impa en prenant place devant la table.
- Beurk, fit Priscilla en entendant Impa parler de thé.
- Et Vaati, ça sera quoi? demanda Link.
- Rien, merci, répliqua Vaati sur un ton morne.
- Et toi, dans tout ça? demanda Zelda à son amant.
- Un baiser de ma princesse, Zelda!
- Tu n'es toujours pas sérieux !
Link partit d'un éclat de rire et emmena Zelda danser juste après avoir passé sa commande, sous le regard bienveillant de la grande femme sheikah.

Shayalen dansait avec joie et légèreté. Elle semblait être l'étoile de toute la foule… et se dit que si elle n'avait pas eu la joie de connaître Link elle n'aurait sûrement jamais connu les plaisirs de la danse, et tant d'autres choses d'ailleurs.
- Oh! s'écria Priscilla, non sans se cogner dans les jambes de tous ceux devant qui elle passait. Impa parle avec une très jolie madame.
- Comment ça?
Shayalen tourna la tête vers l'auberge et aperçut, devant sa tante, une superbe femme aux interminables cheveux rouges toute habillée de blanc, accompagnée d'une autre bien plus jeune qui n'était autre que sa fille ; avec qui la sheikah entretenait des rapports plutôt tendus. Aussi elle se hâta de s'approcher de la table.
- Lena! Ca faisait un bail ! s'écria-t-elle avec une joie délibérément exagérée.
- Toi!
- Moi.
- Shayalen, c'est toi! s'écria la petite fille.
- Mia, contente de te revoir.
Les deux adultes se connaissaient depuis le jour où elles s'étaient affrontées en duel à la vallée Gerudo, bien que Lena semblât plus âgée que Shayalen. Enfin, les gerudos avaient un rythme de croissance très différent de ceux des autres tribus hyliennes.
C'était aussi ce jour là que Shayalen et Mia avaient fait connaissance ; la première fois que la jeune fille qu'elle était se liait d'amitié avec un membre de la tribu du désert qu'elle avait longtemps méprisée.
- Alors, dis-moi tout, Mia. Les Gerudos se sont enfin décidées à venir festoyer chez les Hyliens?
- Euh… en fait c'est pas ça. Je crois que maman vient voir Impa pour lui parler de son petit frère.
Le cœur de la sheikah cogna dans sa poitrine. L'expression de son visage vira à l'angoisse.
- Son… le frère de Lena, c'est ça ?
- Non, le frère d'Impa. Celui qui a… disparu mystérieusement.
Shayalen ne dit rien. C'était tout bonnement impossible, comment Lena aurait-elle pu avoir le moindre des liens avec son père?...
- Shayalen!!
Elle fut arrachée à sa rêverie par la princesse, toujours aussi enthousiaste.
- Dis, Sha! Est-ce que je peux venir dormir chez toi?
Zelda se joignit à la conversation.
- Priscilla! la réprimanda-t-elle. Ce ne sont pas des manières.
- Ben quoi?
- Non, ce n'est rien, répondit la sheikah en reprenant son sourire. Elle peut venir sans problème.
- Bon, dans ce cas…
- Dis oui maman!
- Très bien, d'accord.
- Ouais!
Elle tourna la tête vers la jeune Gerudo.
- Coucou! Comment tu t'appelles?
- Euh… Mia.
- C'est joli comme nom! Moi c'est Priscilla.
Ses yeux bleus brillèrent et elle pencha légèrement la tête sur le côté, en signe d'intrigue.
- C'est drôle comme tu as la peau plus foncée que la mienne.
Les deux Gerudos firent une drôle de tête ; elle se demanda bien pourquoi, puis rajouta :
- C'est très joli. On dirait que tu vis toujours sous le soleil.
L'atmosphère se détendit un peu, et toute la soirée se déroula ans la bonne humeur.
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L'Ombre Blanche
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